L for Liberty

…because liberty is not negotiable.

Islam und Freiheit kompatibel? Islam et Liberté – Les réflexions d´un libéral tunésien.

Persönlich bin ich Atheist und kann mit Glauben (an Supernatürliches) und Religion wenig bis nichts anfangen und halte dererlei irrationale Ideen sowieso eher für freiheitsgefährdend denn freiheitsstiftend, aber ich habe nichts gegen gläubige Menschen, solange sie mich in Ruhe mein Leben lassen und ich freue mich über jeden, der für politische Freiheit und Menschenrechte eintritt, egal ob Jude, Christ, Moslem oder sonsteiner Religion oder Philosophie Angehörender.

Doch wird gerade in bezug auf den Islam von vielen immer wieder darauf hingewiesen, dass dieser reformunfähig sei und eine Aufklärung nahezu unmöglich, da jede erlaubte und von Gelehrten anerkannte Exegese nur totalitär sein könnte. Auch hier auf LfL werden wir bekanntlich nie müde, den islamistischen Terror, nicht nur aber vor allem gegen Israel, anzuprangern. Einem Terror dem allerdings auch genug Moslems selber zum Opfer fallen.

Hiermit will ich nun aber Habib M.Sayah, einem in Frankreich lebendem tunesischen Studenten, der seinerseits die AL unterstützt und sich als Liberaler versteht, die Chance geben in einem Gastbeitrag uns kurz zu erläutern wie der Islam refomiert werden könnte bzw. wie ein neuer, mit Freiheit und Grundrechten sowie mit anderen, „westlichen“ Werten wie vor allem der Gleichheit zwischen Mann und Frau kompatibler Islam aussehen könnte.

Viel Spass beim Lesen dieses sicher ungewöhnlichen Gastbeitrages!
(Achtung, französisch!)

Je ramène toujours la question des autres religions pour une bonne raison. Aujourd’hui, l’Islam est montré comme une religion particulièrement malveillante, violente, sexiste, et on a tendance à dire que l’Islam est dangereux aujourd’hui du fait de cette violence particulière inhérente au Coran et spécifique à l’Islam. C’est là que j’interviens en rappelant que l’on peut faire le même reproche à toutes les religions dites du Livre. Il existe dans les textes sacrés des autres religions une violence, un sexisme équivalents voire plus importants, et même des conceptions plus graves, notamment des passages incitant clairement à la haine raciale dans le Talmud, conception qui n’existe pas dans le Nouveau Testament et dans le Coran d’ailleurs qui sont universalistes.

Or, aujourd’hui en Europe notamment, on a tendance à dire que l’Islam, par sa spécificité violente serait incompatible avec les valeurs humanistes et les droits de l’Homme, sous entendu, le Christianisme et le Judaïsme seraient compatibles voire même à la base des valeurs humanistes. Or, si l’on s’en tient à une interprétation littérale des textes sacrés de ces deux religions on ne peut que conclure que ces deux religions sont liberticides, incompatibles avec l’humanisme, les droits de l’Homme, les droits de la femme… au même titre que l’Islam. Il s’ensuit qu’objectivement le problème ne réside pas dans la particularité de l’Islam, mais que le problème, l’ennemi à abattre est la religion tout court si l’on suit cette logique. Si l’on veut faire preuve d’honnêteté intellectuelle il faut mettre les trois religions sur le même plan et arrêter d’attaquer l’une des religions à cause de la violence de ses textes et épargner les autres religions alors même qu’elles sont également violentes. S’il faut avoir peur de l’Islam en raison de ses textes, il serait raisonnable d’avoir également peur du christianisme et du judaïsme.

D’ailleurs, entre parenthèses, il s’avère que l’Islam est la religion la plus permissive des trois et la plus libérale en ce que le Coran est un livre de recommandations et ne pose aucune obligation mis à part la croyance en l’unicité de Dieu et son adoration. Le Coran se présente comme étant un Hudan, c’est à dire une guidance et non un commandement ou une loi (le terme hudan est employé 326 fois dans le Coran). En effet, ce livre se présente comme un recueil philosophique d’origine divine, pas une loi, mais un recueil de recommandations (souvent ancrées dans un contexte politique et social particulier, notamment les préceptes vus aujourd’hui comme sexistes étaient le plus souvent des avancées par rapport à la situation de la femme arabe de l’époque). A la lecture du Coran on peut comprendre que Dieu aurait offert à l’homme le plus important des présents : la raison, le libre arbitre, choses qui distinguent l’Homme de l’animal et qui le rapprochent de la perfection de Dieu. De ces attributs découle la liberté sur Terre.

L’un des éléments les plus importants du Coran est qu’il n’y a pas à proprement parler d’obligation religieuse, c’est à dire que le Coran interdit la coercition pour punir les comportement hérétiques, les vices, les péchés. Cela s’explique par le fait que le Coran se présente comme un livre qui doit être lu par tout croyant et qui sera compris et interprété par chacun à sa propre manière. Ce livre interdit la formation d’un clergé qui serait l’intermédiaire entre le croyant et le divin et qui interpréterait le livre pour le croyant, se donnant ainsi un rôle de créateur de normes. Le Coran présente comme un devoir que d’user de la Raison et de chercher la vérité par la lecture non intermédiée. Le Coran présente donc le fait religieux comme une relation directe entre l’individu et le divin, avec pour seul intermédiaire le Coran et l’interprétation que l’individu en aura faite lui même. C’est donc l’institutionnalisation de la religion qui semblait crainte par l’esprit du Coran car elle mènerait à faire du Coran une loi et non plus une guidance, ce qui conduirait à l’institution d’une autorité centrale qui, pour faire respecter la loi religieuse, devrait en fixer l’interprétation et l’unifier. C’est institutionnalisation contraire à l’esprit et à la lettre du Coran qui s’est produite et qui a empiété sur la sphère de l’individu, sphère à laquelle le Coran a réservé le privilège de l’interprétation.

C’est là que j’en viens à la Charia. Il est souvent dit que le Coran avait pour visée l’application de la Charia. En réalité, la Charia est une notion étrangère au Coran. En tous cas, le terme charia, dans le sens que lui donnent les ulémas (sorte de clercs auto-proclamés, donc en violation de la lettre même du Coran), c’est-à-dire en tant que règle impérative à caractère religieux et qui a vocation à régir les relations entre individus et groupes, en société. Le mot charia est employé une seule fois dans le Coran. Il est dit « Nous t’avons mis sur une voie de l’ordre (charia min al amri), suis là et ne suis pas les passions de ceux qui ne savent pas ». A partir du contexte de ce verset, on peut déduire que cette charia al amri ou voie de l’ordre, désigne l’interprétation personnelle censée être inspirée par Dieu à chacun des croyants à travers la voix de sa conscience, par opposition aux « passions de ceux qui ne savent pas », référence à la dérive cléricale et institutionnelle connue par le judaïsme avec des rabbins qui, dans le Talmud, ont énoncé des règles impératives et une interprétation officielle des textes, en tirant des règles régissant tous les aspects de la vie quotidienne, notamment la longueur de la barbe et autres futilités (ce qui a fini par se produire dans l’Islam à travers la mise en place de la Charia). A propos de ces mêmes clercs autorités religieuses auto-proclamés, le Coran poursuit « Malheur à ceux qui écrivent le livre de leurs propres mains ; puis, pour en tirer un vil prix, ils disent : « ceci vient de la part d’Allah ! » ». Dans un autre passage, le Coran dit un truc du genre « malheur à ceux qui disent au nom d’Allah ceci est interdit, ceci est permis » (ce n’est pas les termes exacts, mais j’ai pas le temps de chercher le verset exact, c’est dans la Sourate des Abeilles). Bref, il ressort de tout ceci que l’interprétation du Coran doit être personnelle et doit être le fruit d’une recherche individuelle de la Vérité et qu’elle ne doit en aucun cas être dictée par une autorité. Il s’ensuit que l’homme ne doit pas juger son prochain et le punir étant donné que Dieu est le seul détenteur certain de la vérité et qu’un homme ne peut prétendre faire prévaloir sa propre interprétation et l’imposer à d’autres hommes. En cela, le Coran est profondément libéral. En tous cas, dans la vie terrestre, aucune loi religieuse n’a vocation à s’imposer en tant que norme sociale impérative et aucun jugement humain ne peut sanctionner un comportement sur le fondement d’une interprétation du Coran. Mais il y a quand même une justice religieuse. En effet, il en est autrement de l’au-delà, car à la sortie de la vie terrestre, Dieu est le juge, en premier et dernier ressort.

Toutefois, le jugement divin, du fait que l’interprétation est « libre », sera souple, selon le Coran. Au soutien de cette thèse, j’invoque un verset qui est typique du Coran et dont la formulation est reprise dans de nombreux autres passages coraniques : « Vous ! Mes serviteurs qui avez commis des excès à votre détriment, ne désespérez pas de la Miséricorde d’Allah : Allah pardonne tous les péchés. Il est, Lui, le Pardonneur Miséricordieux ! » (Coran, 39 :53). Dans le Coran, il est dit à 71 reprises que Allah est Pardonneur (ghafûr), et à 328 reprises qu’il est Miséricordieux ou Plein de Miséricorde (Rahîm, ou Rahmân). Cela conforte donc la thèse selon laquelle les prescriptions religieuses n’ont pas vocation à être institutionnalisées ni jugées sur Terre et que Dieu est le juge en premier et dernier ressort. En effet, si Dieu est susceptible de pardonner tout péché, l’homme ne pourrait pas légitimement préjuger du jugement de Dieu et donc juger en son lieu et en son nom.

La Charia est en complète contradiction avec ce qu’il ressort du Coran. Il s’agit d’une loi à caractère religieux, issue de l’interprétation d’une autorité religieuse humaine, et qui a vocation à s’appliquer impérativement aux comportements individuels et aux rapports humains dans la société, et à régir tous les aspects de la vie quotidienne. L’Islam a vécu deux siècles sans Charia. Ce n’est qu’à la fin du 9e siècle que la Charia est apparue sous la plume de théologiens qui se sont érigés en autorités juridico-religieuses et qui ont décidé qu’il fallait imposer aux musulmans un mode de vie et des mœurs calqués sur ce qu’ils pensaient être les mœurs de l’époque du Prophète. Plus tard, les théologiens ont décidé de fermer les portes de l’ijtihad, c’est-à-dire la fin de « la recherche raisonnée et interprétative du Coran » (alors qu’elle est érigée en devoir individuel par le Coran), et de fixer une interprétation officielle du Coran. Le fruit de cette interprétation figée est devenu norme sociale impérative, non plus guidance. Mais avant de fermer les portes de l’interprétation, il faut aussi voir que les différents ulémas ont fondé leur interprétation et leur jurisprudence sur des considérations extérieures au Coran, qui ont souvent donné lieu à des règles liberticides. La Charia ne découle pas du Coran, mais c’est l’œuvre législative de jurisconsultes musulmans autoproclamés, ou bien désignés par les souverains comme autorités législatives. C’était donc soit une coutume née de l’œuvre d’un interprète, soit une législation de source étatique.

L’Islam, à l’instar du judaïsme et du christianisme a achevé de s’institutionnaliser, s’étant doté de règles figées, d’autorités normatives (les faqih, ou ulémas) et d’autorités judiciaires chargées de sanctionner toute violation des normes finalement humaines et rattachées par un lien plus ou moins étroit à une source religieuse. C’est à partir de là que tout a dégénéré.

L’Islam est encore dans cette ère, mais nous vivons une transition. A partir du 19e siècle, dans certains pays jouissant d’une plus grande flexibilité, comme la Tunisie notamment, sont apparues des thèses revenant à ces fondements : liberté d’interprétation, interdiction de l’institutionnalisation, devoir d’user de la raison et de recherche individuelle de la vérité, caractère intime et personnel du lien religieux. C’était une laïcisation fondée sur le Coran. Aujourd’hui, ce mouvement rénovateur continue avec certains penseurs. Certes, les barbus totalitaires sont plus visibles, plus nombreux, ils ont plus de moyens, de médias, mais de même que les barbus augmentent en nombre, le nombre des rénovateurs et des musulmans libéraux va croissant. Les décennies à venir vont être cruciales dans l’Histoire de l’Islam. Il va y avoir une lutte entre les deux conceptions, deux univers : le salafisme et le libéralisme théologique musulman qui parvient à maturité. Je ne pense pas que l’une ou l’autre va globalement l’emporter. Le résultat sera plus mitigé, mais certains pays, certaines cultures vont sans doute, si les rénovateurs accomplissent leur travail, pencher vers un islam libéral. Mais aujourd’hui, pour que cet islam libéral puisse emporter quelques batailles d’idées, il faudrait déjà que les musulmans puissent avoir connaissance des thèses libérales alors que ce sont les obscurantistes qui disposent d’un financement important, de satellites, de chaines de télévision et qui, en quelques années ont réussi à pénétrer les consciences des musulmans de certains pays considérés jusque récemment comme des ilots de libéralisme religieux comme la Tunisie et les pays asiatiques.

Autre fait intéressant, entre parenthèses : Le verbe aimer (habba) est employé 41 fois dans le Coran, fait inédit dans les textes sacrés des religions du Livre. Aimer et amour sont, contrairement à ce que l’on pourrait croire, absents des Evangiles, notamment. L’expression « Dieu est amour » n’intervient que dans la première épître de Saint Jean (4 :16), donc même pas dans les Evangiles.

Je ne tente pas, comme vous l’aurez compris – je l’espère – une quelconque manœuvre de prosélytisme religieux. J’espère seulement que ces informations vous auront permis de reconsidérer l’Islam objectivement par rapport aux autres religions du Livre, le Christianisme et le Judaïsme, et que vous vous serez défait de l’idée selon laquelle l’Islam serait plus dangereux que les deux autres religions, du fait que son texte serait plus radical. Son texte semble, au contraire moins radical à certains égards. Mais il n’en demeure pas moins que l’islamisme aujourd’hui pose un problème qui ne se pose PLUS avec les autres religions (mais qui s’est posé et qui a fait couler beaucoup d’encre et de sang). En effet, le problème de l’islamisme et ce qui en fait une idéologie dangereuse est la notion même de Charia, c’est-à-dire de norme impérative qu’une autorité religieuse entend imposer à l’ensemble des croyants. C’est la base du conflit actuel entre Islam et laïcité, mais aussi à la base du terrorisme, du totalitarisme islamiste qui sévit dans de nombreux pays musulmans. La solution est donc, pour les musulmans, de faire triompher la conception libérale du Coran, comme ont réussi à le faire les catholiques à partir du 19e siècle, notamment les jusnaturalistes, développant les thèses de Saint Thomas d’Aquin et de Grotius notamment, mais aussi les protestants bien avant les catholiques, avec Luther et Calvin : purger la religion des normes impératives et du pouvoir de coercition (aussi bien matériel que moral et social) des autorités religieuses, faire du fait religieux un élément de la sphère privée où la liberté de conscience prime.

NB : Excusez le style quelque peu abrupte, je n’ai pas dormi depuis plus de 24h, donc si vous détectez des erreurs, n’hésitez pas à les signaler.

Habib M. Sayah

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März 2, 2010 - Posted by | Christentum, Islam, Judentum, Religion | , , , , ,

2 Kommentare »

  1. Der Autor muss allerdings einen anderen Koran gelesen haben als ich selber (oder wohl auch die meisten Muslime). Zwar kann man möglicherweise eine „liberale“ Lesart im Sinne einer „innerislamischen Aufklärung“ – ich selber tue mich aber durchaus schwer mit einer solchen zurecht gebogenen Lesart. Davon halte ich letztlich auch nicht mehr als von Versuchen ein „politisch korrektes“ Evangelium zu entwerfen.

    Obwohl eine historische Entwicklung im Text geschildert wird, erscheinen Bibel, Koran und Talmud als „überhistorische“ Texte, werden keiner historisch-kritischen Fragestellung unterworfen (Ursprung und historischer Kontext der Texte…) – es gilt im Gegenteil die „eigentlichen“ Prinzipien der jeweiligen Religionen vermittels dieser Basistexte herauszubilden (und im Fall des Islam, einen angeblichen Urzustand wiederherzustellen).

    Probleme habe ich natürlich auch mit der Argumentation gegenüber dem Judentum, die eigentlich traditionelle antijüdische Argumentationslinien beinhaltet: das Judentum sei als „Religion des Gesetzes“ streng und unmenschlich, klerikal und autoritär, im Unterschied zu Christentum und Islam antiuniversalistisch (da national gebunden), bis hin zum „Rassenhass“ usw.

    Kommentar von nestor | März 3, 2010

  2. @nestor: Eigentlich gebe ich Dir ja recht, Du kennst meine Meinung zur Religion allgemein, aber wenn Leute schon gläubig sein wollen, ist mir wichtig, dass sie eine liberale Lesart bevorzugen, selbst wenn sie dabei die Texte komplett umbiegen und zweckentfremden sollten (diese Widersprüche oder Hirnverenkungen in ihrem Denken sind nicht mein Problem, hauptsache sie sind für politische Freiheit und lassen uns in Ruhe. Oder?)

    Ich glaube übrigens nicht, dass Habib antijüdische Ressentiments verbreiten wollte, nur wenn er auf die strenge Exegese irgendwelcher Rabbis hinweist, die vor vielen Jahren mal gelebt haben. Jede Religion hat seine Fundis immer schon gehabt. Ganz sicher auch das Judentum. Dies festzustellen ist doch nichts Schlimmes.

    Für vollkommen falsch halte ich übrigens die Ausführungen zu Calvin und vmtl. auch Luther, die autoritärer waren als vielen Christen heute lieb sein mag.

    „Il s’ensuit qu’objectivement le problème ne réside pas dans la particularité de l’Islam, mais que le problème, l’ennemi à abattre est la religion tout court si l’on suit cette logique.“

    Im Grunde meine Meinung, aber wir wollen ja Pluralismus innerhalb der liberalen Szene zulassen 😉

    Kommentar von CK | März 3, 2010


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